A. L’Intermédiaire des Généalogistes

Le docteur Willy Mouvet et Ghislaine De Roubaix son épouse, ont édité des articles fort bien documentés “La famille MOUVET dans l’Entre-Sambre- et -Meuse sous l’Ancien Régime” dans l’Intermédiaire des Généalogistes (I.G.), numéros I.G. 267, mars 1990, pp. 109 à 152, & le n° I.G. 268, avril 1990, pp. 187 à 207, parus de mai à août 1990, réf. 24.

Ils ont poursuivi leurs publications dans le numéro I.G. 356, février 2005, pp. 60 à 80 (réf. 25) où ils étudient notamment au XIXème et au XXème siècles la branche française d’Eppe-Sauvage ainsi que les descendants issus de trois des cinq mariages de VII.1704 Nicolas Joseph MOUVET, et les branches de Dourbes et de Nismes., réf 25.

Pour le rameau de Nismes dont ils font partie, les auteurs de ce site ont réalisé une numérotation des ascendants au départ de 1535.I Jhérosme (1.) et 1580.IIbis Maurice (1.6.) puis par 1625.III Jean (1.6.2.), elle aboutit à la troisième branche de Nismes 1863.II Jules Valentin Joseph (1.6.2.9.11.3.5.1.6.) et ses nombreux descendants. Un des rédacteur du site, 1943. Yvan (1.6.2.9.11.3.5.1.6.3.1.1) au douzième degré d’ascendance, a commis une entorse à la règle admise en généalogie en attribuant aux femmes un chiffre et la lettre F. Exemple : Céline Marie Joseph (1.6.2.9.11.3.5.1.8F.)– Cela permet de tenir compte de la transmission du patronyme par les femmes selon la possibilité fournie par la législation actuelle. Ainsi 1977. Ingrid (1.6.2.9.11.3.5.1.6.3.1.1.2F), fille de 1943. Yvan, a un fils Sven MOUVET, légalement porteur du patronyme: 2017. Sven (1.6.2.9.11.3.5.1.6.3.1.1.2F.1.) au 14ème degré d’ascendance.

B. Le Parchemin

Bulletin bimestriel édité par l’Association royale Office Généalogique et Héraldique de Belgique (OGHB) (av. Charles Thielemans, 93 – 1150 Bruxelles- Belgique). Dans Le Parchemin n°345, 2003 – pp. 170 à 198, monsieur Bertrand LAFONTAINE a publié de très intéressantes “Notes sur la famille MOUVET”, réf. 26.

Dans cet aticle, il s’est principalement intéressé à la descendance de 1698.VI Servais, fils de 1665.VI Maurice, (Willy MOUVET, I.G. n° 267,1990 – pp. 144 à 148). L’article de Bertrand LAFONTAINE, ( cité par Willy MOUVET,I.G. n°356, 2005 – p.60) contient également de nombreux développements concernant les premiers degrés hypothétiques de la famille MOUVET.

C. INTRODUCTION

Origine du patronyme (I.G. : n° 267, pp. 109 à 111): La famille MOUVET dans l’Entre-Sambre-et-Meuse sous l’ancien régime.

Le patronyme Mouvet est en général assez facilement reconnaissable tant dans les registres paroissiaux que dans les autres archives mêmes les plus anciennes. Son orthographe ne varie pas beaucoup : Mouvez, Mouvetz, Movet, Mouve, Mouwe. Les formes qui s’écartent davantage telles que par exemple Muet ou Monnet (vu les confusions toujours possibles entre les u, n et v) n’ont été retenues que lorsqu’indiscutablement les personnages s’apparentent à la famille. Cela dit, il faut constater que l’instabilité orthographique est telle que le nom peut être écrit différemment dans un même acte. On notera également que dans d’autres régions que l’Entre-Sambre-et-Meuse, des noms à consonnance semblable mais écrit tout autrement se rencontrent à savoir Mouvais, Mouwaix…etc. Ceux-ci sortant du cadre de ce travail n’ont fait l’objet d’aucune recherche et seront seulement cités.

Aucune étude anthroponymique n’ayant à notre connaissance été faite concernant le patronyme Mouvet, les considérations suivantes, basées sur des ouvrages spécialisés ou des dictionnaires, ne doivent être envisagées que comme des hypothèses de travail.

Dans sa forme verbale, « mouver » ou « mover » ou encore « mouveter » selon le dialecte utilisé, signifie remuer, bouger, se mouvoir, agiter, brasser, murmurer (1 à 8). «Mouwer » ou « muer » se rencontrent aussi dans le sens d’émouvoir, de toucher ou encore de changer (de plumage), de muer (8 à 11).

Certains verbes ou substantifs à signification plus particulière dérivent de ces sens généraux et se retrouvent dans divers dialectes. Pour Trevoux (12), « mouver » peut soit être employé par le jardinier et vouloir dire remuer la terre dans un pot, soit dans les raffineries à sucre, signifier détacher avec un couteau des parois de la forme le sucre qui s’y collerait sans cette précaution, soit enfin être un terme de rivière « mouve du fond » quand il doit arriver une grande quantité d’eau. J. Trousset (13) se réfère aussi au jardinage : remuer la terre d’un pot, d’une caisse.

Au terme « muer » se rattache le nom féminin « mowe » qui a pour sens soit moue, grimace, soit la mue d’un oiseau (10, 12). La « mowe » est aussi un terme d’oisellerie et définit la sambeyère, appareil servant à agiter les oiseaux qu’on met « al mowe » (10, 14).

Dans certaines régions (le namurois notamment, ndlr), le terme de tenderie, « mouver » veut dire faire fonctionner le « mouvet », nom qui désigne « le dispositif commandé par le tendeur pour faire voleter la chanterelle ou oiseau captif près des filets ». Au figuré, « fé daler l’mouvet » a pour sens essayer d’attirer quelqu’un (15)(Personnellement, étant enfant, lorsque j’ai décliné mon nom à leur demande des jeunes m’ont servi cette expression : ils ont ri et répété à plusieurs reprises « fé daler l’mouvet » dans le sens de « fais-le bouger » ou encore, « joue avec ses pieds », ndlr). Pour Deprêtre et Nopère, le « mouvet » c’est la sambeyère ou le mouvant lui-même : « El mouvet est restenu su l’tendrye pas ses bertèles. (Le mouvet est retenu sur la tenderie par ses bretelles, ndlr) » (16).

Dans le dialecte rouchi (17, 18), le « mouvet » est un « rabot, instrument qui sert à remuer la chaux pour mélanger le poil dans le mortier qui sert au plafonnage ».

Signalons aussi qu’en dialecte picard la « move » désigne un tas de foin (19) et que la « mouvette » (terme encore utilisé actuellement) est une cuillère qui sert à remuer les sauces.

Les ouvrages d’anthroponymie reprennent rarement le nom Mouvet. A. Carnoy n’est pas très explicite et les numéros des références ne correspondent pas à l’index des noms. On croit toutefois comprendre que le « mouvet » est un instrument à manier le suif (20)(Le Grand Larousse Illustré, édité en deux volumes très probablement avant 1914, au nom « mouvet », on trouve aussi son féminin, une « mouvette », instrument pour remuer le suif, ndlr). Quant à R. Vroonen, il renvoie pour Mouvet au dialecte picard (21).

En néerlandais, mouw(en) se rapporte à manche(s) (21,22,23).

En conclusion, rien ne permet de rattacher directement le patronyme à l’une de ces significations. Tous les termes repris plus haut dérivent cependant du verbe latin « movere » ou encore selon certains de « mutare » (8). D’autre part une origine germanique paraît peu probable.

Il semble donc légitime de postuler que, d’une manière générale, la notion de mouvement est associée au patronyme Mouvet et que plusieurs substantifs comportant cette notion et utilisé dans certains dialectes lui correspondent.

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES.

  1. JAUBERT, Compte de. Glossaire du centre de la France. Vol. II Paris 1986, p. 93 : « Ex. je n’ai pas pu mouver cette pierre, mouver la vendange dans la cuve, le blé dans le grenier, cet homme est malade, il ne peut plus mouver ; cet enfant ne fait que mouver dans son lit. »
  2. FERRAND, D., Glossaire de la muse normande, dans « Bibli. des dictionnaires patois de la France », 1ère série, VIII, p. 143.
  3. LAMBERT, E., Glossaire du patois picard de Cingneux (Oise). Arras. 1960.p.35.
  4. LE MAISTRE, F., Dictionnaire jersiais-français. Jersey. 1976.
  5. CORBLET, Abbé J., Glossaire étymologique et comparatif du patois picard, Marseille, 1978, p. 491.
  6. ACLOT, Dictionnaire. Nivelles, 1950, p. 265.
  7. VERMESSE, L., Dictionnaire du patois de la Flandre française ou wallonne, Douai, 1867.
  8. GRANDGAGNAGE, Ch., Dictionnaire étymologique de la langue wallonne. Liège. 1845. Bruxelles, 1980, pp. 145 à 146.
  9. Dictionnaire wallon-français. Dialecte de Namur. 1934. P. 320.
  10. REMACLE, L., Dictionnaire wallon-français. Liège. 1843. Pp. 336-337.
  11. FORIR, H., Dictionnaire liégeois-français. 1866. P. 312.
  12. TREVOUX, Dictionnaire. Paris1771. P. 92.
  13. TROUSSET, J., Nouveau Dictionnaire Encyclopédique Universel. 5 vol. Paris 1877.
  14. HAUST, J., Dictionnaire liégeois. 1933. P. 421.
  15. CARLIER, A., Dictionnaire de l’Ouest Wallon. Charleroi.1988. Vol. II. P.203.
  16. DEPRÊTRE, F. et NOPERE, Dr R., Dictionnaire du wallon du Centre. La Louvière. La Louvière ou environs. La Louvière. 1942.
  17. HECART, G.A.J., Dictionnaire Rouchis-français. Valenciennes. 1854. P. 313
  18. Le rouchi est un langage parlé dans le Hainaut français et une partie du Hainaut belge.
  19. DEPRÊTRE, F., et NOPÈRE, Dr R., Dictionnaire du wallon du Centre. La Louvière. 1942. P. 83.
  20. CARNOY, A., Origine des noms de famille en Belgique. Louvain, éd. Universitas, n°186, 1953.
  21. VROONEN, E., Dictionnaire étymologique des noms de famille en Belgique. Bruxelles. Dessart. P. 281 et nos 131 et 266.
  22. SCHUERMANS. Dictionnaire.
  23. TUERLICNKS. Dictionnaire.
  24. MOUVET Willy, in Intermédiaire des généalogistes (I.G.), n° 267, mars 1990, et n° 268, avril 1990, Service de Centralisation des Etudes Généalogiques et Démographiques de Belgique (S.C.G.D.), 1030 Bruxelles. Maison des Arts, 31 rue Anatole France, Schaerbeek, à 1030 Bruxelles. http://www.sgcd.net).
  25. MOUVET Willy, in Intermédiaire des généalogistes (I.G.), n° 356, février 2005, Bruxelles.
  26. Bertrand LAFONTAINE, in Le Parchemin, n°345, 2003 – pp. 170 à 198, Office Généalogique et Héraldique de Belgique (OGHB), Impr. Vlaeminck, Leuven , BEL.

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